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il y a 6 mois
Quand l’agressivité s’invite sur la piste cyclable

Comment réagir aux comportements agressifs sur les pistes cyclables

Nous avons tendance à croire que les comportements agressifs appartiennent aux routes et aux automobilistes. Pourtant, quiconque roule régulièrement sur les pistes cyclables finit par constater que certains comportements se déplacent aussi sur deux roues. Le phénomène est particulièrement visible lors des belles journées de fin de semaine. La piste est achalandée. Des familles roulent tranquillement, des cyclistes sportifs cherchent à maintenir leur vitesse, des promeneurs découvrent le trajet et des utilisateurs occasionnels zigzaguent parfois sans trop savoir où se placer.

Dans cet environnement, il arrive qu’une personne perde patience. Une remarque lancée sèchement, un soupir exagéré, un dépassement agressif ou un commentaire parce qu’on ne roule pas assez vite à son goût. Pendant longtemps, ma première réaction était de vouloir répondre. Après tout, lorsque quelqu’un nous parle sèchement ou nous reproche quelque chose injustement, il est naturel de vouloir se défendre.

Avec les années, j’ai réalisé une chose : je ne me souviens jamais des personnes impatientes croisées sur une piste cyclable. Je me souviens seulement du temps que je leur ai laissé occuper dans ma tête. Aujourd’hui, j’essaie d’appliquer quelques principes simples qui me permettent de profiter davantage de mes sorties.

Le premier est la gentillesse. Cela ne signifie pas que l’autre personne a raison. Cela signifie simplement que je refuse de contribuer à l’escalade. Un sourire, un signe de la main ou un simple « belle journée » suffisent parfois à changer complètement la dynamique d’une interaction. Étonnamment, cela désamorce souvent la situation beaucoup plus efficacement qu’un argument.

Le deuxième principe est de ne pas s’engager dans la confrontation. Certaines personnes ne cherchent pas une discussion ; elles cherchent une réaction. Lorsqu’une personne est déjà frustrée, tenter de lui expliquer pourquoi elle a tort produit rarement le résultat espéré. Sur une piste cyclable, personne ne change sa vision du monde au milieu d’une altercation de quelques secondes.

Le troisième principe consiste à garder un ton calme et respectueux, même lorsqu’une remarque semble déplacée ou lorsque l’on est convaincu d’avoir raison. Le ton que nous utilisons influence souvent davantage l’échange que les mots eux-mêmes. Répondre avec calme permet généralement d’éviter que la situation ne prenne une ampleur inutile.

Enfin, le quatrième principe est probablement le plus important : continuer sa route. La plupart des interactions désagréables sur une piste cyclable durent moins de trente secondes. Elles ne méritent pas de gâcher une sortie qui devait être agréable. La personne qui vous a coupé le passage, dépassé agressivement ou adressé une remarque désobligeante disparaîtra probablement de votre vie quelques secondes plus tard.

Pourquoi lui offrir davantage de votre temps ou de votre énergie ?

Parfois, la meilleure réponse n’est pas de gagner l’échange. C’est simplement de poursuivre sa balade. Après tout, nous sommes montés sur notre vélo pour profiter de la journée, découvrir la ville ou prendre l’air, pas pour participer à un débat improvisé au milieu d’une piste cyclable.

Un coup de pédale de plus, et l’incident est déjà derrière vous. La ville continue de défiler tranquillement devant vous, exactement comme elle le faisait avant cette rencontre.